Gospel Reflections

la Fête de Jeudi saint

John 13:1-15

Feast Day Reflection by Sœur Honorine Yamba

Published: April 02, 2015


Le dernier repas de Jésus avec ses disciples

A première vue, il s'agit du dernier repas de Jésus avec ses disciples, mais l'évangéliste met en relief l'épisode du lavement des pieds. C'est un texte plein d'actions et des gestes; pas des gestes louables mais les gestes d' esclaves. Il était d'usage, à l'époque, d'apporter de l'eau pour qu'en entrant dans la maison, les hôtes se lavent les pieds. Les esclaves, qui leur présentaient un bassin d'eau et un linge, le faisaient parfois pour eux. Un membre de la famille pouvait s'en charger exceptionnellement, pour honorer un invité de marque.

Toutes, nous avons exercé ou exerçons encore certaines responsabilités; pas seulement dans le domaine de leadership mais dans tous les services de la congrégation et de l'Eglise. Certaines d'entre nous peuvent témoigner que la position qu'elles ont souvent occupée dans la congrégation ne leur permettait pas de s' intégrer au groupe (communauté), moins encore à la société. Dans le temps, les places étaient déterminées à tables, à la chapelle. Une supérieure qui pouvait servir ses sœurs, pouvait être regarder drôlement.

Quand Jésus se met à laver les pieds de ses disciples, il bouleverse l'ordre. Il prend la place du serviteur. Il honore ses disciples. Curieusement, il leur lave les pieds "au moment du repas," et non pas au moment d'entrer dans la salle. C'est une parole en acte. (v7 et 12). C'est une vie de communion qu'ils célèbrent. Quand la France a connu les moments de bouleversement par les terroristes, le geste simple de François Hollande qui a embrassé les familles des victimes a plus ému les cœurs des gens plus que les discours. Il s'est mis dans les bottes des autres. Il s'est fait un des leurs.

Le lavement des pieds marque normalement le passage du dehors au-dedans de la maison. Ce geste du Christ aussi marque un passage, l'entrée des disciples dans un autre type de relations avec lui et entre eux. « Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » v 14. Avant de venir à table, les disciples n'ont pas pensé aux détails d'hygiène, comme par exemple se laver les pieds. Jésus les a lavés tels qu'ils étaient, sans répugnance. Parfois il nous est difficile de nous placer à côté d'une personne que nous jugeons sale ou pauvre: à l'église, dans une salle de théâtre, à une conférence... Il nous arrive d'épouser une attitude de défense pour ne pas échanger la paix avec ce pauvre ou cette personne qui est différente de nous.

Pourquoi Pierre résiste-t-il à Jésus qui veut lui laver les pieds? Je peux attribuer cette attitude au respect , un changement est souvent choquant. Jésus insiste tellement vis à vis de Pierre récalcitrant parce que c'est la communion qui est en jeu: « Si je ne te lave pas , tu n'as pas de part avec moi. » (v 8) Cette participation au Christ suppose une double transformation, Jésus, le Maître, se change en serviteur. Et les disciples sont transformés en amis. (Jn 15,13-15)

Questions

De quelles transformations nos relations entre nous ont-elles besoin?
Comment être l'image de la bonté de Dieu dans ce monde à la recherche de la paix et de la justice?
Y'a t-il une cohérence en moi dans ce que je vis et je prêche?

 

 

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